A Ziguinchor, le Cosama enclenche la bataille du désenclavement portuaire

Longtemps freiné par des contraintes nautiques et un déficit d’exploitation, le port de Ziguinchor suscite aujourd’hui un regain d’intérêt stratégique. Entre volonté politique affirmée et engagement des acteurs maritimes, les lignes commencent à bouger.

ZIGUINCHOR- Et si Ziguinchor devenait le nouveau poumon logistique du Sénégal ? Cette ambition pourrait se réaliser. Cependant, pour y arriver, il faut travailler à lever certaines contraintes. Le directeur général du Consortium sénégalais d’activités maritimes (Cosama) l’a bien compris. En mission dans la capitale régionale ce jeudi 16 avril, le Dr Baba Tall, a posé les jalons d’une nouvelle dynamique portuaire. Aux côtés des autorités du Port autonome de Dakar, il a engagé des concertations avec les acteurs locaux pour repositionner le port de Ziguinchor au cœur des échanges commerciaux. « Notre présence ici répond à une double exigence : installer le nouveau responsable du port, mais surtout ouvrir un cadre de dialogue avec les forces vives locales afin de définir ensemble une stratégie de relance adaptée aux réalités du terrain », a-t-il confié à des journalistes au terme de la mission. Au cœur de cette relance, les filières agricoles occupent une place centrale.

La Casamance, riche de ses productions, peine encore à écouler efficacement ses ressources qui proviennent de ses massifs forestiers et de son écosystème maritime. « Nous sommes disposés à accompagner activement les chaînes de valeur locales, notamment l’anacarde, la mangue ou l’arachide. Notre flotte de cinq navires est prête à assurer le transport régulier des produits vers Dakar », a affirmé Dr Tall, évoquant des discussions déjà amorcées avec les opérateurs économiques de la Casamance. Cette mobilisation vise aussi à soulager la pression sur la plateforme dakaroise. « En renforçant les capacités de Ziguinchor, nous pouvons contribuer à redistribuer les flux et à réduire l’engorgement du port de Dakar », a insisté le DG du Cosama. Mais la clé de cette transformation reste la maîtrise des contraintes techniques, en particulier le dragage du fleuve Casamance. « Le dragage du fleuve est une priorité absolue. Il conditionne la réussite des campagnes de commercialisation et la sécurisation du trafic maritime », a affirmé M. Tall, assurant que des mesures sont en cours pour une intervention rapide. Au-delà des urgences, c’est une vision plus large qui se dessine. « Si nous levons ces obstacles, Ziguinchor peut s’imposer comme un hub stratégique à l’échelle sous-régionale, capable de structurer les échanges et de soutenir durablement l’économie des trois régions de la Casamance », a-t-il projeté.

Gaustin DIATTA (Correspondant)