Considérée comme une partie de l’élevage des petits ruminants, la filière caprine au Sénégal est en quête de reconnaissance. Pourtant, très important pour de nombreuses familles dans le monde rural, l’élevage de chèvre constitue une activité génératrice de revenus, notamment pour les femmes.
L’importance socio-économique de la chèvre ne se reflète pas forcément sur les données statistiques disponibles. Selon Hélène Kuhn Tine, cheffe du Projet d’amélioration de la filière caprine à Diourbel et Fatick, l’élevage ovin fait encore de l’ombre à l’élevage caprin. Elle indexe un manque de reconnaissance qui ne correspond pas au poids réel de cette activité.
En effet, les programmes ciblant la filière ne sont pas aussi nombreux que ceux qui concernent les bovins et les ovins. Pourtant, la chèvre contribue de manière significative à générer des revenus, notamment pour les familles les plus modestes.
Mis à part quelques programmes pour valoriser une production de lait assez faible, la filière caprine ne bénéficie pas d’un appui à la hauteur de sa portée socio-économique selon Hélène Kuhn Tine.
À cela s’ajoute un manque d’organisation des éleveurs caprins. Mis à part la région de Fatick qui focalise les activités de l’Association régionale des éleveurs caprins (Arecaf), les autres régions du Sénégal n’enregistrent pas de regroupements qui puissent porter une éventuelle politique de développement de l’État.
À ce jour, le programme d’envergure soutenu par l’État en dehors du Projet d’amélioration de la filière caprine (Pafc) est le projet Waqf agricole public d’élevage de chèvres (Wapec) financé par la Haute autorité du Waqf et Heifer International.
Ce programme a permis de déploiement de 1.000 chèvres et de 100 boucs à Podor et Koungheul. Son objectif principal étant l’autonomisation des femmes qui représente 70 % des bénéficiaires.
Assane FALL
